Comment mesurer l’impact de ma consommation sur la planète ?

En France, pas moins d’un quart des émissions de gaz à effet de serre proviennent de nos assiettes1. En quoi nos choix alimentaires influent directement sur le réchauffement climatique ? Pourquoi n’est-il pas toujours facile de choisir les ingrédients les moins polluants ? Nous vous proposons de mieux comprendre l’impact environnemental de vos produits, comment le mesurer et quels sont les gestes utiles pour le réduire.

1. De la fourche à la fourchette : un parcours long et polluant

Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais avant d’arriver dans votre assiette, votre produit peut déjà avoir vécu de nombreuses étapes.

La production de matières premières

Dans le monde, 12% des terres sont cultivées2, et en France ce chiffre s’élève à 54%3. Une part importante du territoire est donc occupée par l’agriculture et l’élevage, qui peuvent être particulièrement polluants en fonction des modes de production.

Les engrais, le fumier, les déjections animales et les pesticides dégradent l’environnement naturel des zones de production et sont des causes majeures de pollution de l’eau et de l’air4.

Par ailleurs, avec l’augmentation de la population mondiale, les hommes surexploitent certaines ressources naturelles de la planète, ce qui a un impact néfaste sur la biodiversité. À titre d’exemple, dans le monde, on estime que 90% des espèces de poissons sont exploitées ou surexploitées5.

La transformation

Une fois la production et la récolte des matières premières achevées, direction – pour la plupart des aliments – la transformation. Intervenant parfois pour améliorer la saveur, la conservation, l’aspect, cette étape est particulièrement gourmande en eau et en énergie.

L’emballage

Les produits sont ensuite emballés, avec des matériaux plus ou moins recyclables. En 2020, 70% des emballages ménagers ont bien été collectés et recyclés en France, mais ce chiffre chute à 29% pour le plastique et 48% pour l’aluminium6. Ces produits non recyclables posent un réel problème écologique car la plupart terminent en décharge et rejettent des substances toxiques pour l’environnement.

Le transport

Enfin, pour arriver entre vos mains dans un point de vente, les produits peuvent être acheminés par voie routière, aérienne ou maritime. Plus le produit vient de loin, plus son impact sur l’environnement est important !

Greenpeace alerte aussi sur le fait qu’un transport plus long peut aussi pousser les industriels à suremballer les produits pour mieux les protéger ou les recouvrir de produits chimiques - dans le cas des fruits et légumes - pour éviter qu’ils ne mûrissent trop vite7.

2. Le poids de nos choix alimentaires sur la planète

Même si la plupart des produits passent par les étapes citées plus haut, tous les produits ne sont pas égaux en termes d’émission de gaz à effet de serre. Nos choix alimentaires peuvent donc alourdir le bilan.

Moins de temps en cuisine : plus de produits transformés

L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) a observé que les français consacrent de moins en moins de temps à la préparation des repas. Ils se tournent vers des produits transformés, voire ultra-transformés8, qui deviennent omniprésents. L’Institut National de la Consommation estime en effet que ces aliments concernent 80% de l’offre en supermarché9.

Ces produits sont considérés comme plus pratiques car prêts à être consommé immédiatement ou après une préparation très courte (ajout d’eau bouillante, réchauffement au micro-onde…)10.

Pourtant, en plus d’avoir un impact direct sur notre santé, ces produits ont également des conséquences importantes sur l’environnement. Ce type d’aliments nécessite un grand volume d’eau et d’énergie lors de leur fabrication, bien supérieurs aux produits peu ou pas transformés.

Manger de tout, peu importe la saison

Les français ont pris la fâcheuse habitude de retrouver sur leurs étals tous les fruits et légumes, sans aucune distinction des saisons.
Pour cultiver ces produits en dehors de leur pleine saison, il est nécessaire de les faire pousser sous des serres chauffées, très gourmandes en énergie11, ou de les faire venir de pays lointains en avion, ce qui nécessite un transport long et coûteux sur le plan environnemental.

Plus de protéines animales

Enfin, les foyers français ont adopté une alimentation plus riche en graisse, en sucre et en protéines animales qu’il y a 50 ans12.

Au-delà des conséquences sur la santé que nous connaissons, ce nouveau régime impacte aussi l’environnement. Un kilo de viande émet entre 5 et 10 fois plus de gaz à effet de serre qu’un kilo de céréales. L’élevage serait responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. En cause : la production et la transformation des aliments pour les bêtes, le stockage du fumier et les déjections13.

5 Gestes pour limiter mon impact

Vous l’aurez compris : notre alimentation a un impact direct sur la planète. Tous les produits que nous consommons émettent du gaz à effet de serre. Cependant, il est possible de réduire ces impacts. Nous vous proposons 5 conseils pour y parvenir.

1er geste : Prendre conscience de son impact

Le premier pas pour réduire notre empreinte carbone est de mieux connaître les produits que nous consommons.

myLabel vous accompagne dans ce sens. L’application de scan vous permet de décrypter les produits lors de vos courses grâce à des évaluations fournies par des sources indépendantes (associations, ONG). Concernant la mesure de l’empreinte environnementale, vous pouvez notamment y retrouver l’Eco Score grâce à Open Food Facts, partenaire de myLabel.
Ce nouvel indicateur vous permet de connaître l’impact environnemental de vos produits, de la fourche à la fourchette, en notant les produits de A à E.

2eme geste : Réduire sa consommation de viande

Nous l’avons vu : la viande a un fort impact sur l’environnement, en particulier les viandes rouges comme le bœuf et l’agneau14.

Pour le réduire, nous vous conseillons donc de vous tourner davantage vers des viandes blanches, ou d’autres aliments comme le poisson, les œufs, les légumineuses riches en protéines (haricots rouges, quinoa…).

L’application myLabel peut vous aider à identifier les aliments qui peuvent remplacer la viande dans votre régime alimentaire, grâce à l’association Réseau Action Climat qui identifie les alternatives.

3ème geste : Privilégier des produits bio

Les produits bio apportent de nombreuses garanties, notamment sur l’impact des aliments sur notre planète. En consommer davantage peut vous permettre de réduire votre empreinte carbone.

Cependant, il n’est parfois pas facile de se repérer entre les différents étiquetages : myLabel vous permet de découvrir les labels bio et les garanties apportées par chacun.

Le label “Eurofeuille”, par exemple, facilement identifiable par son logo, une feuille formée d’étoiles, est aujourd’hui obligatoire sur tous les produits européens issus de l’agriculture biologique. Ce label garantit notamment que la teneur en ingrédients biologiques du produit est supérieure à 95%. D’autres labels comme Biopartenaire ou Nature & Progrès, quant à eux, apportent - en plus des critères de la réglementation européenne - des garanties sociales et solidaires.

4ème geste : Éviter l’huile de palme

L’huile de palme est l’huile végétale la plus utilisée dans le monde. Malheureusement, sa production entraîne une déforestation massive dans les pays producteurs comme l’Indonésie ou la Malaisie. Cette culture impacte sévèrement la biodiversité locale.

Même si elle est aujourd’hui très présente dans nos supermarchés, éviter d’en consommer est possible : de nombreuses marques ont fait le choix de renoncer à l’utiliser au profit d’ingrédients plus durables. En scannant vos produits avec l’application myLabel, vous pouvez vérifier en quelques secondes qu’ils ne contiennent pas d’huile de palme (ou de dérivés).

Par ailleurs, il existe des solutions pour faire changer les marques. myLabel pousse les fabriquants à repenser leur offre produit pour proposer des alternatives plus responsables et durables. L’utilisation régulière de l’application permet de collecter vos attentes. C’est complètement anonyme, et c’est donc vous qui influez à votre échelle sur les marques pour faire changer leurs produits !

5ème geste : Manger des fruits et légumes de saison

Les tomates en hiver, c’est fini ! Pour réduire son impact sur l’environnement, il est important de cesser de consommer des fruits et légumes qui ne sont pas de saison, produits sous des serres chauffées ou importés de l’étranger.

Et vous avez tout à y gagner : en plus de réduire votre impact sur la planète, les fruits et légumes de saison sont moins chers, plus savoureux et contiennent plus de vitamines15.

Pour vous accompagner dans cette démarche, myLabel intègre le calendrier de l’association Bio consom’acteurs. Il vous suffit de scanner vos produits pour identifier les fruits et légumes qui ne sont pas de saison !


  1. https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/conso/alimentation/limpact-alimentation-lenvironnement

  2. https://www.mtaterre.fr/dossiers/lalimentation-durable-cest-possible/alimentation-et-environnement-cest-quoi-le-rapport

  3. https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/conso/alimentation/limpact-alimentation-lenvironnement

  4. http://www.fao.org/3/y3557f/y3557f11.htm

  5. https://www.mtaterre.fr/dossiers/lalimentation-durable-cest-possible/alimentation-et-environnement-cest-quoi-le-rapport

  6. https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/la-france-a-recycle-70-de-ses-emballages-menagers-lan-dernier-1218958

  7. https://www.greenpeace.fr/guetteur/

  8. https://www.linfodurable.fr/conso/lalimentation-constitue-20-50-de-notre-empreinte-environnementale-comment-manger-mieux-quiz

  9. https://www.inc-conso.fr/content/aliments-ultra-transformes-pourquoi-les-eviter-avec-le-reseau-des-ctrc

  10. https://www.health.gov.il/French/Topics/FoodAndNutrition/Nutrition/Adequate_nutrition/processed-food/Pages/default.aspx

  11. https://www.bioconsomacteurs.org/ni-tomates-ni-fraises-bio-en-hiver-non-aux-serres-chauffees

  12. https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/conso/alimentation/limpact-alimentation-lenvironnement

  13. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/11/pourquoi-la-viande-est-elle-si-nocive-pour-la-planete_5395914_4355770.html

  14. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/11/pourquoi-la-viande-est-elle-si-nocive-pour-la-planete_5395914_4355770.html

  15. https://www.greenpeace.fr/guetteur/

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